Jeudi 16 avril 2009 4 16 /04 /2009 18:42

 

 

Il y a eu l'Europe vénale et les grandes conquêtes de l'euro.

Il y aura l'Europe normale, lumière cochère et forêt noire.

 

La culture nourrit les musées. L'innovation est sédentaire.

Les avenirs au crible feint, les après-guerres au mascara

fanaux d'une histoire à reluire dans les sillons aléatoires de quelques capitales prestiges.

 

Le nomade osculte l'état des différences et des distances, en prenant du recul à mesure qu'il avance.

 

Sur la route, l'amour se fraye des chemins

à perte de vue disparaît.

 

Et ainsi va Paris sans moi, jusqu'à une histoire d'eau nouvelle.

Elle et moi à Cologne, nous remontons le Rhin.

 

Romantisme aux pales soupirs et rupture d'un flirt sur une rive interdisent les sommets du fleuve.

 

Des collines sans air à Stuttgart.

 

La Bavière au milieu des arbres.

 

L'art contemporain à Berlin où l'est et l'ouest oeuvrent sur moi à des étreintes hétéroclites, avant l'inspiration écrite, comme un leitmotiv de voyage.

La légèreté des oreillers aime à encourager la plume.

 

Je vais au Danube en avion. Les ponts de Budapest, le parlement cathédrale.

Partout, les touristes se ressemblent, mais la volupté du moment en distingue au moins deux. L'été n'en est pas à son premier coup de soleil indolore.

À deux, en train, nous traversons les terres, la Transylvanie pittoresque, les Carpates escarpées, Bucarest de long en large.

Puis un vol pour Zagreb d'où Miia, après ce long détour imprévu, s'en retournera en Finlande.

 

Début octobre, l'été s'est fait la malle en remballant ses atours.

Et depuis les longues plages Croates, je renifle de loin les îles, pesant la chute du baromètre.

 

Face à la mer, les lieux se vident.

De l'autre côté, c'est déjà l'Italie.

Là où j'irais après?

Oui, mais je ne le sais pas encore.

 

Aujourd'hui, c'est le roulis de l'eau et une saison qu'il efface.

Les vagues d'une mélancolie qui jette son ancre sur moi, qui m'inspire un nouvel écrit: Le dictionnaire des mots qui manquent. Ouvrage de l'instabilité conçu pour des moments comme ça. La génèse d'un livre en pousse qui jamais ne me quittera.

 

 

Première entrée au dictionnaire des mots qui manquent:

 

Oanue n.f. Frontière imprécise entre une étendue d'eau et la terre ferme.

 

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  • : L'homme Qui ne vit que de mots est une initiative humaine, une aventure libertaire et poétique, entreprise en août 2001 et sans interruption depuis. Le concept: Vivre et voyager sans un sou! Ni compte en banque, ni richesse autre que les mots pour seul moyen de subsistance. L'auteur, qui depuis plus de 7 ans déjà tourne autour du monde à stylo, au gré des seuls fruits de sa plume, veut partager ici la chronologie d'une histoire qui ne saurait vouloir finir.
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