Garés derrière des jours et des nuits d'auto-stop,
le Danemark et l'Allemagne tournent immobiles dans des rétroviseurs hagards.
Laisse les clignoter, Amsterdam!
Et s'il ne sait rien faire d'autre, laisse donc aussi passer le temps...
Décembre est plat.
Trop tard, pour la saison des fleurs.
Veux-tu bien prêter ton vélo et me dessiner ton visage?
Les Pays-bas. Le Pont-Maigre...
Le rouge des tulipes a foncé sur les lèvres en briques de maisons à la rue.
Et en-dessous de vieux sourcils froncés, l'hiver à gercé tes canaux.
Ton coup de crayon est gentil.
L'urbanisme est à la campagne.
Les villages à la grande ville.
Et le romantisme compose aux bras de l'aristocratie.
Ainsi le prince à son canal, un autre pour l'empereur.
Et encore un pour les Seigneurs.
Dédales ailleurs, dans le mélange des architectures et des genres,
certains faubourgs tissent des fables. Les nuits chatouillent la féerie.
Le matin, des reflets de ciel aux pieds de roseaux fatigués.
Et encore une lumière suave, entre les branches nues des arbres.
À la maison d'Anne-Frank, je ne rentre pas mais j'écris
quelques mots sur ces guerres qui font mûrir l'enfant trop vite.
Et puis roue libre et volutes, au-dessus des jus de fruits de quelques aimables coffee-shops. Là-dedans je rétro-pédale, tente de freiner à l'envers, et médite en vertes fumées sur ces retrouvailles qui m'appellent
à singer Noël en famille.
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