Partager l'article ! 12. Raconter sa vie.: Ici, comme ça. Pourquoi? Jamais je n'ai eu de journal. Me parler tout ...
Ici, comme ça. Pourquoi?
Jamais je n'ai eu de journal.
Me parler tout seul, pas besoin.
Jamais.
Et pourtant ce voyage...
Cette succession de bourlingues,
de défis!
C'est en moi je crois, plus intime.
Ma biographie, je m'en fous. Surtout si c'est moi qui l'écrit.
Déjà huit ans que je vis. Comme je vois.
Au crochet de mots que j'agrippe. Et que je perds aussitôt.
La plupart du temps c'est tant mieux.
Un grand bordel de mots faciles.
Des continents de mots-valises.
Des pans de phrases alimentaires.
Pour ça, pas la peine de chercher fossile.
L'oubli fait très bien son travail.
La plupart du temps c'est tant mieux...
Mais d'autres fois ça manque.
Vraiment.
Surtout après.
Longtemps.
Quand je souviens.
Magie de moments, belles rencontres...
Des échappées de gouttes d'encre ou de quelques lignes à échos.
Encore le goût mais plus la forme.
Des pages et des pages exclusives.
Et des éphémères qui passent.
Le temps d'être encore autre part.
Je n'ai nul part le pied à terre.
Et de moi les mots s'envolent, s'en vont.
Vers tant de mains de passage, et de regards plus proches.
Mes oiseaux voyageurs se donnent.
Ils naissent. Et puis ne reviennent pas.
Alors voilà.
De nouveau réécrire.
Revisiter ma mémoire.
Y ranger par endroit les longs écrits d'un revécu.
Ce récit bon à remplacer, comme il peut, huit ans de proses disparues.
Et tant d'autres années à venir...
Raconter ma vie de la sorte, la prolonger.
Telle quelle, en même temps qu'elle me poursuit.
D'un bout à l'autre du globe.
C'est aussi un peu de l'espoir. Peut être renouer avec, revoir,
certaines personnes, perdues avec mes propres traces.
Du grand grand monde à ma démarche, j'ai pratiqué la part de risque.
Il peut suffir d'un coup de vent pour qu'un retour de plume ça pique...
Comme ça.
Il est des étapes, des contextes, où une amitié sauve une vie.
Nous le verrons...
Réchappé à dures circonstances. Aujourd'hui requinqué.
Je tisse un filet de secours. Une maille d'adresses, et de gens autour.
J'ai appris, de certains épisodes épiques,
qu'un lecteur averti, une complicité amie,
fait des hasards mieux accomplis.
Et à l'instard de l'amitié, de l'amour,
le Mot, peut parfois protéger la Vie.
Deux fois trois lettres qui me lient.
Alors j'écris.
J'écris.
Et ce faisant,
je les en remercie.
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